Budapest – aventures au cœur de l’hiver (c’est-à-dire en Mars)

Il y a maintenant deux semaines je suis allée à Budapest avec Karen. Nous avions prévu de partir de Prague le jeudi après-midi, pour arriver le jeudi soir à Budapest. Mais bien sûr, voyager serait beaucoup trop facile si tout se passait toujours comme prévu. Nous sommes effectivement parties à 15h30 de la gare routière de Prague, et jusqu’à environ 20h ça roulait plutôt bien. Mais l’hiver en avait décidé autrement. On a commencé à subir de plus en plus de ralentissements, dont l’un dû à un accident. Puis, vers environ minuit, on s’est arrêtés. Plus moyen de bouger. J’ai fini par m’endormir d’un sommeil léger, me réveillant toutes les deux heures pour constater qu’on ne bougeait toujours pas. Le lendemain matin, on y était toujours. Vers 10h on en a eu marre, on a décidé avec Karen de sortir du bus pour voir ce qu’il se passait… Et le spectacle était impressionnant. Une file de voitures de plusieurs kilomètres s’étirait à perte de vue, sur cette route perdue au milieu des plaines hongroises enneigées, balayées par un vent glacé.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Photo de bien mauvaise qualité pour vous montrer où on est restées pendant 10h

 

On a échangé quelques mots dans un allemand approximatif avec un Autrichien qui se trouvait là, qui nous a expliqué que toutes les routes étaient bloquées. A partir d’Ács, petite ville suivante, impossible d’avancer davantage. La route vers Ács fut débloquée autour de midi, et il nous fallut encore passer 3h dans cette ville, en attendant de pouvoir à nouveau circuler. 3h qu’on a passées dans la salle commune de la ville, où des bénévoles nous ont donné des tranches de pain beurrées et du thé, et où on a pu dormir un peu, bercées par le son des infos hongroises qui passaient à la télé.

Tout ça pour dire qu’on est finalement arrivées à Budapest à 19h, soit 20h30 après l’heure prévue. Un trajet qui aurait dû durer 7h en avait duré quatre fois plus. Heureusement, on a trouvé rapidement notre auberge de jeunesse, où on a accueillies avec un verre de vin blanc hongrois… Un régal ! On est ensuite allées s’empiffrer d’un bon plat de poulet au paprika et noodles faits maison, puis s’abandonner à un sommeil bien mérité.

La ville de Budapest est tout simplement magnifique. D’aucuns la préfèrent à Prague, c’est dire ! Le Danube serpente entre deux rives aux mille merveilles. D’un côté, il y a la ville, colorée, animée, et le Parlement – véritable bijou d’architecture. De l’autre, le château, l’Eglise St Mathias et le Bastion du Pêcheur.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

L’un des petits donjons du Bastion du Pêcheur

 

Nous avons passé toute une après-midi côté château, à nous extasier devant les monuments. L’Eglise St Mathias, malheureusement en rénovation à l’intérieur, était absolument splendide. Le toit, fait du même genre d’ardoises que l’Eglise St Marc à Zagreb, scintillait sous le soleil radieux. Le Bastion du Pêcheur, un ensemble complexe d’arcades et de tourelles, ressemblait de loin à un château Disney. Nous n’avons malheureusement pas pris le temps de visiter le château, mais il était très imposant et élégant de l’extérieur. La vue sur le Danube était à couper le souffle, en particulier parce qu’on pouvait voir le Parlement sur toute sa longueur.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

L’Eglise St Mathias

 

Le Parlement justement. Nous en avons fait la visite le lendemain matin, il était absolument renversant. Les dorures, les marbres (dont certains étaient faux, pour ne pas que la structure s’effondre sous tant de poids), les peintures… Sa construction commença en 1885 et termina en 1902, et déjà à l’époque il y avait des ascenseurs ! L’hémicycle que nous avons pu voir, surmonté d’une énorme horloge, sert aujourd’hui à donner des conférences. A l’entrée, il y avait des dizaines de repose-cigares entouré de vastes cendriers, c’était amusant. L’architecture de l’intérieur, comme celle de l’extérieur, ne laissait aucune place au hasard. Chaque détail semblait réglé avec une minutie prodigieuse. C’était sans conteste le plus beau Parlement – pour ne pas dire l’un des plus beaux édifices – qu’il m’ait été donné de voir. On a eu aussi l’occasion de le voir de nuit, depuis un pont, c’était subjuguant !

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Le Parlement hongrois

 

Quant au reste de la ville, il était très agréable de s’y balader. Les rues étaient vastes, lumineuses. Il faisait certes très froid, mais on était tellement contentes d’enfin y être que ça ne nous importait pas tellement. J’ai beaucoup aimé les statues qui parsemaient la ville, non pas des monuments, mais des personnes tout ce qu’il y a de plus normales, comme ça, au hasard.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

L’une de nos nombreuses rencontres

 

J’ai aussi aimé le monument aux Juifs, sur le bord du Danube. C’était saisissant : des dizaines de paires de chaussures de métal alignées le long du quai, en souvenir de ces Juifs et opposants politiques alignés là puis fusillés. Nous n’avons pas visité la Synagogue, mais nous avons parcouru quelques rues dans le quartier juif. Il était étrange de constater que si le reste de la ville était rayonnant et semblait avoir été rénové il y a peu, les rues du quartier juif étaient sombres. Tous les murs étaient sales et tristes, et certains montraient encore des éclats de balle.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Le monument aux Juifs, simple et puissant

 

Le samedi, nous avons acheté de petites cocardes aux couleurs de la Hongrie, pour les épingler sur nos sacs. On avait en effet remarqué que beaucoup de personnes en portaient. Après un petit tour sur Internet (ah, Wikipédia), on a réalisé qu’on était venues un week-end tout à fait spécial. Le 15 mars, en Hongrie, est jour de fête nationale, en commémoration de l’indépendance obtenue après le Printemps des Peuples (1848) contre la domination des Habsbourg. Il s’agit de fait de l’une des trois fêtes nationales hongroises. Ainsi, même si on ne parlait pas un traître mot de hongrois (et ce n’est pas faute d’avoir essayé), on avait l’impression d’être davantage à notre place (impression complètement erronée, puisqu’on avait probablement encore plus l’air de touristes. Enfin bref).

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Une autre de nos rencontres insolites

 

Il y aurait encore beaucoup de choses à dire sur ce séjour, mais je vais en rester là ! En particulier parce qu’on s’est promises d’y revenir en Mai, n’ayant pas eu le temps, par exemple, de tester les bains Turcs ou de voir l’immense place du marché. On y retournera donc sous peu – en espérant ne pas se faire avaler par la neige dans les plaines hongroises cette fois.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

La Place aux Héros, vide et imposante – photo mise là car il n’y a pas grand chose de plus à dire dessus, vous m’en excuserez
Catégories : Uncategorized | Poster un commentaire

Český Krumlov, petit trésor de la Bohème

Maintenant que j’ai fini de vous parler de mon voyage dans les Balkans, je peux enfin m’attaquer à la suite ! Il y a maintenant presque trois semaines, je suis allée à Český Krumlov (à moins de 200 km au Sud de Prague) avec mes deux colocs américaines, ma coloc française, une autre Française et une Belge (côté flamand). Petit voyage dans l’une des plus jolies petites villes qu’il m’ait été donné de visiter.

Český Krumlov est classée patrimoine mondial de l’UNESCO. Ville de Bohème du Sud à l’histoire tumultueuse – ayant appartenu au St Empire Romain Germanique, à l’Empire d’Autriche, à l’Autriche-Hongrie, à la République d’Autriche allemande, à la Tchécoslovaquie, puis annexée par le 3e Reich. Les Allemands en sont expulsés après la 2e Guerre Mondiale, puis la ville est plus ou moins abandonnée sous les Communistes. Ce n’est qu’après la Révolution de Velours que ce petit bijou d’histoire récupère la place qui lui est due au sein du patrimoine culturel tchèque.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Le soir de notre arrivée, nous avons dîné au restaurant U Dwau Maryi (aux Deux Maries), un restaurant logé au dernier étage d’un petit immeuble, où nous avons pu goûter le vin chaud au miel – la saveur, très forte et pas désagréable, rappelait l’odeur la cire d’abeille. J’ai aussi goûté aux galettes à la pomme de terre, accompagnées de l’éternel chou bouilli auquel je commence à me faire, pas si difficilement. J’ai aimé goûté à ces spécialités locales traditionnelles, et je commence décidément à penser que la nourriture tchèque va bien me manquer l’an prochain.

P1060630

Nous sommes ensuite allées dans un bar gitan pour boire une bière typique du coin. Le bar était très étroit. Dans le coin au fond, les musiciens (contrebasse, violon, accordéon et guitare) s’en donnaient à cœur joie pour jouer des morceaux du folklore traditionnel tchèque et slovaque. Un couple s’est mis à danser entre les tables, de façon gracieuse et élégante. Je n’avais jamais vu personne danser comme ça, c’était vraiment beau.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Après une bonne nuit dans les lits délicieusement confortables de la Krumlov House, nous avons visité la ville, qui est construite sur un promontoire au-dessus de la Vltava (le même fleuve qu’à Prague, sauf qu’à ce stade c’est plutôt une rivière). C’est une sorte de Prague en miniature. Grandes maisons colorées collées les unes aux autres, larges rues pavées et ruelles sinueuses, et des ateliers de travail du bois et boutiques un peu partout. Il faisait extrêmement beau, et presque bon par moments. Les paysages étaient lumineux et féériques. La haute tour du château, très élégante et colorée, se dressait au-dessus de la ville. On a pu y monter et admirer la vue. On a aussi pu se balader sur une partie des hauts remparts blancs et profiter du soleil.

P1060720

Ensuite, nous avons déjeuné là où, nous avait assuré celui qui tenait l’auberge de jeunesse, est servi le meilleur smažený sýr de la ville (pour ceux qui ne le savent pas, il s’agit de fromage pané, puis frit. C’est délicieux). Et effectivement, en plus d’avoir le traditionnel Eidam frit, ils avaient du camembert, du roquefort et du fromage d’Olomouc (le meilleur à mon goût). Tous étaient parfaits, croustillants à l’extérieur, fondants à l’intérieur. Mon palais, qui commence à être connaisseur en la matière (faut avouer que ce n’est pas bien difficile), était au 7e Ciel.

Avant de prendre le bus, nous avons fait le tour de quelques boutiques, en particulier une brocante où nous avons trouvé des cartes postales vieilles de quelques dizaines d’années (un siècle parfois). L’une d’elle, envoyée dans les années 30, avait un timbre où figurait le visage d’Hitler (marqué d’un « III Reich ») ! C’était à vous en faire froid dans le dos.

Une journée était plus que suffisante pour visiter cette petite ville ! Mais j’espère avoir le temps de visiter d’autres villes de République Tchèque dans les quelques mois qu’il me reste ici. Ce pays a vraiment quelque chose de tout à fait particulier. En attendant, mon prochain article vous relatera mes aventures à… Budapest ! Et viendra, je vous le promets, dans pas trop longtemps .

Catégories : Uncategorized | Poster un commentaire

Belgrade la Surprenante

On s’est retrouvées à Belgrade plus tôt que prévu. On voulait aller à Novi Sad avant, mais quand on est arrivées à la gare routière de Sarajevo (aux alentours de 22h), on nous a dit « Novi Sad ? No bus tonight ». Heureusement qu’on était en avance, on était du coup juste à l’heure pour prendre le dernier bus de la nuit pour Belgrade.

Après une nuit affreusement inconfortable et une arrivée à 5 heures du matin, je ne savais vraiment pas qu’attendre de Belgrade. D’autant plus que je n’étais pas dans les meilleures dispositions psychologiques pour la découvrir. J’admets qu’après avoir vu ce qu’on avait vu en Bosnie, on a beau essayer de prendre tout le recul du monde, on ne porte pas particulièrement la Serbie dans son cœur. Mais je déteste avoir des préjugés, j’ai donc fait de mon mieux pour être la plus neutre possible.

Belgrade a eu ses propres drames. Bombardée par l’OTAN en 1999, elle en garde encore des traces, notamment ce grand bâtiment de briques et métal, dont l’ossature à moitié fondue lui donnait l’air d’être constamment en train de s’écrouler. Il y avait aussi ce petit monument, devant l’Eglise St Marc, en l’honneur des enfants ayant péri lors des bombardements.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

L’Eglise St Marc et le monument aux enfants de Belgrade

 

A part ça, Belgrade est une ville très vaste, traversée par d’immenses boulevards, d’immenses places ornées de la statue de tel ou tel autre illustre personnage. Une architecture très socialiste, et des panneaux en cyrillique pour les noms de rue, dont la version latine était souvent cachée par un autocollant de groupuscule nationaliste.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

 

La ville était plutôt grisâtre et pas extrêmement belle. Mais elle a son lot de merveilles, en particulier l’Eglise St Marc et la Cathédrale St Sava (ci-dessus), deux trésors d’architecture. J’ai aussi aimé le Vieux Fort, ses vieux canons et petites promenades, et la vue, saisissante, sur la Sava et le Danube se rejoignant dans la brume du soir (ci-dessous).

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

 

On a aussi visité le cimetière, absolument immense. Et remarqué la désagréable habitude des Serbes de mettre des photos (ou des bustes) de leurs morts à côté de leurs tombes. Dans la section où les enfants étaient enterrés, des statues d’enfants dansaient, jouaient, ou souriaient entre les tombes. J’ai trouvé la tradition un peu macabre.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Le musée d’Histoire yougoslave était aussi une expérience intéressante, même si très mal organisé, et sans doute pas totalement objectif. Exemple des étiquettes de description de costumes traditionnels du genre « Robe traditionnelle, Kosovo (Serbie) ». Un autre exemple que la Serbie n’assume pas encore son Histoire est l’absence totale de musées concernant la dernière guerre. La section du musée d’Histoire yougoslave concernant la fin de la Yougoslavie était malheureusement en construction, et risque de l’être pendant encore longtemps. Une Histoire récente aussi difficile à confronter et, pour certains, à remettre en question, ça ne s’assume pas du jour au lendemain. Certains Serbes rencontrés par la suite nous ont dit que, même si ça n’était pas politiquement correct de le dire, certains pensaient encore que Republika Srpska devrait appartenir à la Serbie, et que la guerre en Bosnie était plus que justifiable.

 

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Le Nouveau Palais fait face au Vieux Palais – deux complexes presque strictement identiques

 

Alice étant au campus de Dijon, elle connaît des personnes venant d’Europe Centrale et de l’Est. En particulier, il y a Andrea, une Serbe que j’avais rencontrée quand elle était venue avec des amis à Prague, et qui lui avait donné le contact d’une de ses copines de lycée, Mina. On a donc passé deux soirées avec elle, et Nina, une autre de ses amies. Il y avait aussi Tina, la sœur de Nina. Je vous jure que je n’invente rien.

Le premier soir, on est allées dans une boîte pas loin de la gare centrale, Mr. Stefan Braun. Je pense que j’y ai eu l’expérience la plus drôle de ma vie. Il faut savoir que les femmes serbes sont très belles, mais qu’elles jouent à l’excès le rôle de la femme-objet. Cheveux extra-lisses, maquillage parfait, robes moulantes et décolletées, elles n’étaient pour la plupart pas là pour danser, mais pour se montrer, une coupe de champagne à la main. Toute cette petite comédie était hilarante, même pour quelqu’un venant de Cannes. Mina riait aussi des « wannabe », ces filles un peu moins belles qui tentaient quand même de reproduire à l’identique les manières des autres. On a eu droit à un sermon d’un serveur parce qu’on dansait et qu’on buvait de la bière, alors que boire du champagne donnait bien plus de « prestige » ; sermon conclu par un méprisant « il y a de plus en plus d’Occidentaux dans cette boîte, et plus j’en vois, moins j’ai envie que la Serbie entre dans l’Union Européenne ».

On a aussi pris des verres dans le restaurant français que les parents de Mina possèdent, le Voulez-Vous. C’était un endroit très chaleureux et confortable, le vin et les cocktails y étaient très bons. On a rencontré le frère de Mina, Stéphane, qui a participé en judo aux Jeux Olympiques dans l’équipe serbe. Et qui a demandé à Alice pourquoi les filles en France ont des poils sur les bras. Parce que oui, apparemment, les filles serbes n’en ont pas (c’est-à-dire qu’elles se les épilent. Les poils SUR les bras, vous me lisez bien).

Mina nous a aussi emmenées faire un tour en voiture sur le pont Ada, un nouveau pont extra-moderne qui apparemment était l’attraction des locaux au moment de son inauguration. Et bien sûr, elle nous a emmenées manger les crêpes les plus énormes que j’aie mangées de ma vie, dans un petit endroit caché dont j’ai malheureusement oublié le nom.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Extrémité du pont Ada – vue depuis le Vieux Fort

 

Belgrade était ainsi une ville pleine de surprise. Pas si belle que ça au premier abord, elle nous a révélé ses charmes au fur et à mesure. Ce n’est pas étonnant qu’on ait rencontré deux jeunes, un portoricain et un américain, qui ont décidé d’y rester pour y vivre, alors qu’ils n’étaient venus que pour les vacances initialement. Belgrade a quelque chose qui donne d’envie de la découvrir toujours davantage et, pourquoi pas, de ne jamais en partir.

Et c’est ainsi que c’est achevé ce petit tour des Balkans. Une expérience inoubliable et extrêmement enrichissante. Mes descriptions n’ont probablement pas fait justice aux villes magnifiques qu’Alice et moi avons découvertes, mais j’espère avoir réussi à vous faire voyager un peu.

A venir bientôt, des articles sur Český Krumlov (petite ville médiévale de Bohème du Sud, ainsi que la décrit Wikipédia) et sur mon voyage de ce week-end à Budapest ! 🙂

 

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

 

Les Serbes nous ont volé notre chère enseigne de boulangerie/pâtisserie PAUL. Pour l’anecdote, il paraît qu’un mec a été embauché chez PAUL en France, a appris les techniques, puis a créé sa propre enseigne à Belgrade. C’est du joli, hein ?

 

 

 

Catégories : Uncategorized | Poster un commentaire

Bosnie de mon cœur

Après la Croatie, c’est en Bosnie que nous sommes allées, dans deux villes en particulier. Je pense que ce pays, de ce que j’en ai vu, est celui que j’ai préféré, par sa diversité culturelle, l’Histoire qui hante encore chaque rue, et les personnes rencontrées.

Mostar est une petite ville au Sud de Sarajevo. Comme vous savez certainement, trois groupes principaux cohabitent en Bosnie-Herzégovine : des Serbes (à tradition orthodoxe, ils forment la Republika Srpska, des Croates (à tradition catholique) et des Bosniaques (à tradition musulmane). Les deux derniers groupes sont unis au sein de la Fédération Croato-Musulmane. Il est intéressant de noter que les autres groupes et minorités, les Autres, ne sont pas constitutionnellement reconnus. Et Mostar, quant à elle, est moitié Croate, moitié Bosniaque. Ce qui en fait l’une des villes où les affrontements ont été les plus meurtriers au cours de la dernière guerre.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Beaucoup d’édifices en ruines parsemaient la ville

 

A Mostar, on a fait du couch-surfing : loger chez une personne trouvée sur Internet. En l’occurrence, il s’est agi d’Ilda. L’un de ses amis, Semir, est celui qui s’est le plus occupé de nous, et la personne dont Alice et moi gardons probablement le meilleur souvenir de ce voyage. Toujours joyeux et prêt à rire, il étudiait mais travaillait en même temps, pour s’occuper de sa mère malade, et payer ses études. Il était extrêmement religieux, faisant sa prière 5 fois par jour (oui oui, même celle à 6 heures du matin). Il nous a confié qu’il aimerait partir à l’étranger pour ses études, mais qu’il n’était pas assez « puissant » pour ça – adjectif très révélateur de la façon dont sont distribuées les subventions en Bosnie…

Il nous a emmenées le soir boire un verre avec certains de ses amis. Autour de nos bières (enfin, et de sa tasse de thé), nous avons eu des discussions extrêmement intéressantes. J’étais probablement un peu trop curieuse par moments au sujet de la situation du pays, ce qui m’a valu de grands éclats de rire de sa part, et des « She talks too much » (« Elle parle trop »). On a aussi remarqué, amusées, que sur les paquets de cigarettes, les avertissements du Ministère de la Santé figuraient en Bosniaque, Croate et Serbe. Sachant que les trois versions étaient strictement identiques, à un mot près. Et que la version Serbe était en cyrillique (alors qu’ils lisent aussi le latin).

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Elmedina, Semir, Ilda et Alice, dans la vieille ville de Mostar

 

Ilda et une autre de ses amies nous a rejoints le lendemain pour une visite de la ville – rapide, tout ce qu’il y a à voir est en gros le Vieux Pont, du haut duquel les jeunes sautent dans la rivière tumultueuse en été.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

LE pont

 

La vieille ville était pleine de charme, mais très grise. Et le reste de la ville était pour un quart encore en ruines, ce qui nous a beaucoup impressionnées. Ilda et Semir s’y baladaient comme si de rien n’était, tandis qu’Alice et moi avions l’impression de nous promener dans un décor de film de guerre. Une rue en particulier sépare la partie Croate de la partie Bosniaque, et est encore en ruines sur plus d’un kilomètre. Avant de partir, on a mangé le meilleur burek de la ville (qu’Ilda n’a pas voulu nous laisser payer), un rouleau de pâte feuilletée fourré à la viande… Très gras mais tellement délicieux.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

 

Le souvenir que m’a laissé cette ville est donc partagé : d’une part, j’ai rencontré des gens exceptionnels et fait des expériences inhabituelles (jouer au billard avec des Bosniaques, c’est drôle), et le sentiment que la Bosnie essaie doucement de se relever donnait de l’espoir ; de l’autre, les ruines et les éclats de balle sur les façades nous rappelaient que cette guerre si récente et cruelle ne fait pas encore totalement partie de l’Histoire, et qu’elle pourrait très bien recommencer un jour.

Sarajevo était notre destination suivante. Malgré une mauvaise expérience dès le départ (tentatives de vol par des pickpockets dans un tram pris dans la mauvaise direction), cette ville reste l’un de mes meilleurs souvenirs. Le Vieux Centre (Baščaršija) était petit, rempli de ruelles et de maisonnettes traditionnelles aux toitures basses.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

La Place aux Pigeons – Sebilj Trg

 

La nourriture traditionnelle était délicieuse ! Les Ćevapčići en particulier, des bâtonnets de viande de bœuf fourrés dans une sorte de pain pita avec de la crème et des oignons verts, qu’il fallait manger avec une fourchette et sa main (les serveurs donnaient des couteaux aux touristes, mais on a préféré essayer de manger ça à la façon des locaux). Grâce aux conseils de l’une de mes amies qui est Bosniaque, Ina, nous avons dégusté les meilleurs dans un petit restau nommé Željo. La Rakjia, alcool liquoreux typique du coin, m’a par contre sacrément moins plue.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Le pont Latin, à l’extrémité duquel François Ferdinand fut assassiné en 1914 – déclenchant ainsi la 1ère Guerre Mondiale

 

Après le vieux centre, la ville par à l’assaut des collines environnantes, couvertes de petites maisons au point qu’on n’en voyait même plus lesdites collines. Nous avons donc fait de même : partir à l’assaut des collines. C’était le soir, il faisait sombre, mais nous avons eu droit à la prière des imams autour de 17h, résonnant de colline en colline, les imams se répondant mutuellement par leurs chants mélodieux. C’était vraiment magique.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Bistrik – l’un des quartiers de Sarajevo, recouvrant les collines environnantes

 

Ah oui, parce que bien sûr, il y a des mosquées à tout coin de rue. Un peu comme dans les villes croates où il y a une église tous les deux pas. Mais pas seulement des mosquées ! La diversité culturelle était impressionnante, puisqu’il y avait également une synagogue et des églises orthodoxes et catholiques. Dans une si petite capitale, c’était inattendu. J’ai aimé l’image multiconfessionnelle que Sarajevo renvoyait.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

 

On a visité le musée d’Histoire de la Bosnie également, après avoir pris un café au Café Tito (la même remarque dans toutes les villes où nous sommes allées : le souvenir de Tito y est presque adulé).  Le musée était extrêmement intéressant. La première partie était consacrée à l’Histoire générale de la Bosnie, les différents Empires qui s’y sont succédés, son statut à ces différentes périodes, puis son Histoire sous le(s) régime(s) yougoslave(s). La deuxième partie était une exposition dédiée à la guerre de Bosnie, et en particulier au siège de Sarajevo (1992-1996) : la vie quotidienne des habitants, la subsistance tant bien que mal, puis le rôle de l’Union Européenne, etc. C’était très poignant. Il est difficile de réaliser que tous les jeunes de plus de 20 ans croisés dans la rue avait probablement vécu pendant au moins 4 ans dans cette atmosphère de terreur et d’angoisse perpétuelles, comme finalement beaucoup d’enfants aujourd’hui encore dans le monde.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Café Tito – caché derrière le Musée d’Histoire

 

Une autre exposition a été tout aussi poignante, l’exposition photo sur Srebrenica et le génocide qui s’y est déroulé en juillet 1995. Des écrans interactifs en début d’exposition retraçaient le déroulement des faits, comment les Nations Unies n’avaient pas vraiment pris la situation au sérieux au départ, ce qui s’est avéré fatal. Les photos étaient magnifiques et puissantes. En fin d’exposition, des écrans avec des interviews de dizaines de survivants, de personnes retournées sur place après, qui témoignent de ce qu’elles ont vu et vécu. C’était extrêmement marquant.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

 

Ainsi, notre séjour en Bosnie n’a pas été aussi joyeux que celui en Croatie par certains aspects. Mais il a été tout aussi magique, et bien plus enrichissant de mon point de vue (ayant écrit un paper sur la Bosnie pour l’un de mes cours ce semestre, le sujet me tenait particulièrement à cœur).

En partant de Sarajevo, mon cœur s’est un peu serré en réalisant qu’il ne nous restait plus qu’une étape et que le voyage touchait à sa fin. Mais la Bosnie a laissé dans ma mémoire une trace magique et indélébile.

Catégories : Uncategorized | Poster un commentaire

Dubrovnik – le soleil après la tempête

Nous en étions donc restés à ce bus attendu jusqu’à 3h du matin en bien galante compagnie. Après 5h de sommeil chaotique, je me suis réveillée à grand-peine vers 8h. Le paysage était magnifique ! De hautes montagnes et de grands lacs brillants, bordés de petites maisons. De l’autre côté, à intervalles réguliers, la mer. Pour info: la ville de Dubrovnik se situe juste en-dessous de la Bosnie, coincée à la pointe de la côte croate.

Arrivées peu avant midi, on s’arrête dans un café (où on ne s’attardera pas, le goût assez caractéristique des capuccinos laissant supposer que le lait n’était pas très frais) pour regarder l’adresse de la maison d’hôtes où on avait réservé une chambre depuis Zagreb. Le soleil commençait alors à pointer le bout de son nez, pour mon plus grand ravissement.

La maison d’hôtes était idéale ! Une chambre avec deux lits extrêmement confortables, un vaste salon, une salle de bains et une cuisine. La vieille dame à qui la maison appartenait était adorable, toute souriante, très bavarde, toujours prête à rendre service. Après un déjeuner rapide cuisiné avec ce qu’on a trouvé d’appétissant au supermarché du coin, direction la vieille ville ! On a marché environ 20 mn, mais on y est finalement arrivées.

DSCF4923

La vieille ville de Dubrovnik est complètement fortifiée, avec des doubles remparts et un pont-levis. Vues de haut, on dirait que les maisons s’entassent les unes sur les autres. Les rues sont d’étroits passages entre les maisons, exception faite de la rue centrale. D’un côté, la ville descend vers la mer et s’étale. De l’autre, elle part à l’assaut de la montagne. Ce ne sont donc plus des rues, mais des escaliers qu’il faut gravir. Ville en équilibre entre mer et montage donc, Dubrovnik est aussi peuplée par davantage de chats que d’hommes (du moins c’est ce qu’il nous a semblé).

DSCF4891

Gaston, notre nouvel ami, nous a suivies pendant une bonne partie de la balade

 

Le 1er jour, on s’est rapidement baladées dans les rues, avant d’être chassées par le ciel menaçant. Les nuages gris s’amoncelaient dans le ciel, et pourtant la ville dégageait une aura lumineuse. On a cependant préféré fuir avant que la tempête n’arrive. On s’est réfugiées dans notre chambre, et on a profité d’une petite soirée posée, ce qui n’était pas de refus après la soirée passée à Zadar.

DSCF4893

Avis de tempête sur Dubrovnik

 

Un soleil radieux régnait sans partage dans le ciel le lendemain, il faisait tellement chaud qu’on a laissé nos manteaux dans la chambre ! On a consacré la matinée à parcourir les remparts autour de la ville. La vue était saisissante : falaises, hauts arbres, et puis la mer – d’un bleu éclatant.

DSCF4933

En tant que Cannoise, ça m’a fait beaucoup de bien de retrouver la mer, le soleil, le vent marin qui me manquent tant. Il n’y avait personne avec nous sur les remparts, on a donc profité de deux heures de solitude – vraiment très agréable.

DSCF4955

SOLEIL

 

C’était amusant de constater que Dubrovnik et Cannes ont en fait beaucoup de points communs : désertes en hiver et apparemment surpeuplées en été, et surtout extrêmement bling-bling ! Les jeunes qu’on a croisés, par leur look et leur attitude, me faisaient penser en tout point au stéréotype du jeune Cannois, qui se soucie avant tout de son apparence, et qui vous dévisage de haut en bas quand il vous croise. Ça nous a fait beaucoup rire.

Le séjour à Dubrovnik était finalement reposant et ensoleillé, et nous a fait beaucoup de bien. Revigorées, on a préparé nos affaires, plus prêtes que jamais à repartir. On a pris un bus vers 15h, en direction une fois de plus de l’inconnu : la Bosnie-Herzégovine.

Prochain article ce week-end 🙂

Catégories : Uncategorized | Poster un commentaire

2e épisode – Zadar, la côte croate au coeur de l’hiver

Le trajet de bus Zagreb-Zadar se déroule sous une pluie battante, ce qui nous fait craindre pour la suite (et pas à tort, comme vous allez le voir). On est arrivées vers 13h30, et un premier problème se pose : on pensait pouvoir prendre le bus autour de 23h pour notre ville-étape suivante, mais il n’y en a pas à cette heure-là. On a donc le choix entre un bus assez cher, qui part à 3h du matin, et un moins cher qui part à 6h. Ce sera donc 3h du matin… Et on verra bien ce que l’on trouvera à faire d’ici là.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

La ville de Zadar est adorable. Toute petite, et pratiquement déserte, elle est apparemment bondée en été (normal, puisqu’elle est sur la côte Méditerranéenne). On en a rapidement fait le tour, mais on s’est baladées avec plaisir dans ses ruelles. Malgré le ciel gris, les dalles blanches au sol et les maisons aux couleurs claires rendaient la ville presque lumineuse, la dotant d’une sorte d’aura blafarde  qui était étonnamment très apaisante. Le petit port de pêche était serein, les eaux plates. Les nombreuses ruines romaines lui donnaient un air de ville abandonnée.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Le bord de mer avait quelque chose d’irréel : tout en dalles blanches, presque désert, l’eau et le ciel se confondant en une ligne d’horizon floue. C’était magnifique ! Le paysage était rendu d’autant plus étrange par l’orgue marin. Les dalles terminaient en marches au bord de l’eau, et certaines de ces marches étaient percées de fentes par lesquelles sortaient des notes, se mêlant en accords harmonieux parfois, puis complètement discordants la seconde suivante. J’ai supposé, grâce à mes solides connaissances scientifiques (hum), que l’eau devait s’introduire dans des sortes de tubes, la pression qu’elle exerce dépendant de la vitesse à laquelle la vague s’écrase contre la rive, ce qui détermine la hauteur de la note « jouée ». Déduction perspicace, je sais. Quoi qu’il en soit, le concept est génial. La musique de la mer est vraiment envoûtante.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Tout se passait très bien jusqu’à ce que le déluge nous tombe dessus en fait. Evidemment, ça a correspondu au moment où on a dû récupérer nos sacs-à-dos (laissés à l’Office de Tourisme pendant la journée). C’était la catastrophe absolue. On était complètement trempées en 5 minutes. Après 30 minutes de répit pour dîner dans une petite pizzeria, il a bien fallu se rendre à l’évidence : il était 20h. Il nous restait donc 7h avant le bus.  Le double, donc, de ce qu’on venait de faire. On a réussi à tuer 3h dans un bar (presque vide) – où Alice, considérant peut-être que je n’étais pas assez mouillée, m’a renversé la moitié de sa bière dessus. Pour la suite, croyez-moi ou non, on est rentrées dans une sorte d’état second. On s’est acheté une Chupa-Chups, puis on s’est rendues sur le bord de mer. Après une série de photos pas très glorieuses, on a entrepris de se promener. C’était la tempête, on a manqué plus d’une fois de se faire (encore plus) tremper par une vague. La mer était déchaînée, la pluie nous battait le visage, mais je crois qu’à ce moment de la soirée on ne s’en préoccupait même plus. L’orgue marin poussait des sons suraigus suivis de basses profondes – une vraie bande son de film d’horreur.

Ce qu’on a fait du reste de notre soirée ? Eh bien, on a d’abord inventé une chorégraphie qu’on a filmée ensuite – l’ennui a des ressources que la raison ignore. Je compte sur Alice pour ressortir la vidéo à mon mariage. Puis on s’est rendues à la gare routière, autour d’1h. On est restées 2 heures assises sur un banc, mais heureusement on ne s’est pas ennuyées. Deux hommes, qui avaient l’air d’avoir bien bu, nous ont tenu compagnie. Ils ont tenté de nous apprendre une chanson en Croate, puis nous ont demandé de chanter en Français. L’un d’eux était un peu trop insistant et il a fallu le remettre à sa place plusieurs fois. Mais la situation (assez pittoresque du reste) a donné lieu à des échanges très intéressants. En particulier quand l’un d’eux nous a demandé ce que nos copains pensaient du fait qu’on se balade ainsi seules dans les Balkans – sous-entendu, des filles ne devraient pas être livrées à elles-mêmes, comme ça. Ou encore quand on leur a demandé s’ils étaient déjà allés en Serbie, et que l’un d’eux a répondu d’un non catégorique. « On n’y ira jamais. Ces gens-là ont tué notre famille ». La rancœur qui suintait de ces mots, 20 après le conflit, était saisissante.

On a accueilli le bus de 3h avec un soulagement intense. Il a encore fallu que j’étende mes chaussettes, et que je me réchauffe les orteils – complètement gelés, avant de pouvoir m’endormir. Malgré l’inconfort des sièges de bus, on s’est endormies avec délices.

Je vous promets de vous raconter la suite bientôt. En particulier parce que j’ai bien d’autres aventures à vous raconter que ce voyage, ce qui me fait prendre conscience du fait que j’ai pris beaucoup de retard dans la rédaction de ce blog ! A bientôt, donc 🙂

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Catégories : Uncategorized | Poster un commentaire

1er épisode – Zagreb

Les cours ont recommencé lundi, et dans la folie de la rentrée, de nouvelles rencontres et d’un nouvel emploi du temps, je me suis dit que si je ne le faisais pas maintenant, je ne le ferais jamais.

Me voici donc partie pour vous raconter mon voyage. J’ai décidé de le faire par épisodes, ou plutôt par « courts » articles, sinon je pourrais écrire 15 pages d’un coup et personne ne les lirait. Probablement pas la façon de procéder la plus judicieuse, il y aurait tellement d’angles différents à adopter pour écrire tout ce que j’ai vu, tout ce que j’ai fait. Mais pour une fois, pourquoi être compliqué quand on peut être simple, telle sera ma devise.

Je suis partie le 18 janvier avec Alice, une amie qui étudie au campus de Sciences Po Dijon. On a pris le bus à 21h de Prague, avec nos gros sac-à-dos, et nos duvets, bien décidées à passer une bonne nuit, peu importe que ce soit dans un bus. Par chance il y avait assez de place pour que tous les voyageurs aient deux sièges.

Je ne saurais décrire comment je me sentais à ce moment-là. Partir à l’aventure dans des pays inconnus, sans avoir trop planifié à l’avance, sans savoir à quoi s’attendre, comporte toujours sa part d’excitation et sa part d’angoisse. J’ai somnolé jusqu’au passage de la frontière avec la Slovénie, où il a fallu (bien sûr) que tout le monde descende dans le froid, à 1h du matin, pour qu’on vérifie nos passeports. Après avoir passé une nuit affreuse (le chauffage dans le bus était au maximum, juste en-dessous de la fenêtre… donc impossible d’appuyer sa tête sur ladite fenêtre), je me suis réveillée autour de 5h et j’ai admiré le lever du soleil sur les champs enneigés. Oui, j’avoue, je me suis livrée à ce moment-là à des considérations lyriques totalement niaises, mais c’était émouvant. Emouvant parce qu’excitant, un nouveau jour, un nouveau voyage, un nouveau pays qui nous attendait. Une excitation liée aussi au fait de savoir l’Histoire récente de la région, ce qui me hante souvent quand je visite un nouveau pays.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Oui, la photo est floue. Vous nous excuserez, on n’était pas très réveillées.

La Croatie donc, ou comme l’indique le joli tampon sur mon passeport, Republika Hrvatska (je me demande d’où on a sorti le nom de Croatie, le vrai nom en Croate est tellement plus joli !). Nous sommes arrivées à Zagreb autour de 7h, plus tôt que prévu. On a tiré de l’argent, acheté un billet de tram sur les conseils d’une passante, et attrapé un tram qui passait par là, pour nous rendre dans le centre. En chemin, j’ai ouvert mon merveilleux petit guide, emprunté à l’Institut Français de Prague, pour une première leçon de Croate. Dobar dan, hvala, doviđenja. Bonjour,  merci, au revoir. Jusque-là, rien de très compliqué. On descend du tram sur la place du ban Jelačić (ou Trg Bana Jelačića, en Croate. Parce que c’est bien plus drôle de prononcer des mots sans voyelles), et on part à la recherche d’un café ouvert. On atterrit au Caffé Flores, qui nous donne une première idée des cafés et restaurants croates (et serbes, comme on verra par la suite) : si c’est écrit sur la carte, ça ne veut pas dire qu’il y en a. Après avoir demandé trois choses différentes que le serveur ne pouvait pas nous apporter, nous nous sommes rabattues sur l’un des deux choix possibles, un capuccino.

DSCF4656

Je pourrais vous raconter chaque moment de nos 3 jours passés ici dans le détail, mais ce serait bien trop long. On a fait le tour de la ville dans ses moindres recoins, fait un bonhomme de neige sur la place du roi Tomislav, mangé des choses tout à fait délectables comme les fritules – petits beignets couverts de sucre, et fait la fête à Peppermint, une boîte branchée du centre.

DSCF4796

J’ai adoré l’Eglise St Marc, avec son toit en ardoises bleues, blanches et rouges qui dessinent les armoiries du royaume tripartite (Croatie, Dalmatie, Slavonie) et celles de Zagreb. J’ai été fascinée par Kamenita vrata, un lieu de pèlerinage situé entre deux rues, dans un passage couvert, où une peinture de la Vierge a miraculeusement résisté à l’incendie de 1731 – les parois couvertes de petites plaques de marbre gravées d’un « Hvala Maiko », merci Marie.

DSCF4714

J’ai été interpelée par la Foi ambiante : la place du Kaptol était un coin profondément catholique – des Vierges à tout coin de rue, des crucifix, et la cathédrale de l’Assomption de la Vierge Marie, très épurée mais tellement élégante ! J’ai adoré le marché de Dolac, vivant, vibrant, tourbillonnant, avec ses dizaines d’étals de fruits et légumes des contrées environnantes – la petite mandarine que j’ai achetée été délicieuse. Sur l’escalier près du marché, on a rencontré un guitariste qui était posté là, tout de carreaux rouges et blancs vêtu ; qui nous a fait la cour parce qu’on était Françaises, et a prétendu avoir joué dans un film nommé Casanova avec Alain Delon senior et Jackie Chan, à cause de ses « blauen Augen ».

DSCF4703

La vieille ville était adorable, avec son dédale de ruelles, et ses minuscules maisons multicolores serrées les unes contre les autres. Au restau, on a eu de l’eau et du pain gratuitement (prends ça, République Tchèque). Les gens étaient extrêmement avenants et chaleureux, ce qu’on a retrouvé dans les autres villes et pays par la suite, et qui nous a beaucoup surpris, en tant que Françaises (vivant en plus en République Tchèque).

DSCF4699

Peut-être dois-je aussi mentionner les deux musées qu’on a visités, le Musée Croate d’Art Naïf et le Musée des Relations Brisées (Museum of Broken Relationships). Le premier a constitué une expérience tout à fait nouvelle, pour Alice comme pour moi, car on ne connaissait rien à ce style. Je crois qu’Alice n’a pas trop aimé, mais j’ai apprécié la vivacité des couleurs sur certaines œuvres. On est aussi restées un quart d’heure à se demander comment se faisait la peinture sur verre. Il y avait tellement de nuances et de détails ! Quand on considère que tout doit se faire à l’envers parce que le verre est retourné après, c’est un vrai casse-tête ! Quant au Musée des Relations Brisées, il contenait toutes sortes d’objets incongrus, drôles, érotiques, attendrissants, effrayants ou tristes, que des individus ont donné au Musée accompagnés d’une petite histoire, de ce que l’objet représentait pour une relation qui s’est terminée. Certaines histoires étaient vraiment dramatiques, incluaient des meurtres, des morts, des blessures ; d’autres de la trahison. D’autres encore étaient de petites histoires amusantes, des relations qui n’ont pas duré mais laissent quand même un bon souvenir. Le concept du musée était intéressant, mais je pense que ses bienfaits thérapeutiques concernent surtout ceux qui envoient leurs contributions. En tant que visiteuse, je me suis davantage sentie motivée par une sorte de voyeurisme malsain, de plaisir étrange de connaître des détails personnels de la vie de ces personnes. Pas convaincue par l’expérience.

J’ai beaucoup aimé l’agitation sur Ilica, boulevard de 6km de long qui traverse (presque) la ville de part en part, et sépare la Ville Haute de la Ville Basse. La Ville Basse était très différente de la vieille ville : de grands bâtiments administratifs, de vastes places et de larges boulevards. Tout restait très élégant, et cohérent architecturalement, du moins à mon goût. Il y avait une certaine harmonie dans les tons, les couleurs et les styles. Je n’ai pas trop compris la folie du jaune pissenlit, couleur dans laquelle étaient peints l’Académie des Arts, le Théâtre National et le Musée d’Art Contemporain.

DSCF4752

On a ri devant le premier gratte-ciel zagrebois, haut de 33 mètres, sur Masarykova. On a aussi ri sur la Place des Fleurs, juste à côté d’Ilica, où une petite fille était assise sur un banc et tirait des sons aussi disharmonieux qu’irritants en soufflant le plus fort possible dans sa malheureuse flûte à bec. On a enfin réussi à survivre aux avalanches de neige qui tombaient des toits : pas une seule fois on ne s’est faites assommer ! C’était tout de même marcher dangereusement que de se balader sur les trottoirs, sans trop oser lever la tête pour ne pas se prendre l’eau qui gouttait des toits dans la figure, tout en sachant pertinemment que si on ne regardait pas on pouvait passer sous un énorme morceau de neige qui menaçait de se détacher à tout moment.

Je vais m’arrêter là sur Zagreb – je pourrais encore disserter pendant des heures, mais il ne s’agit pas de vous ennuyer déjà, alors que ce n’est que le premier épisode de mon voyage. On a pris le bus tôt le matin le 21 janvier vers Zadar, une ville du littoral méditerranéen. Et vous en saurez plus au prochain épisode, que je vous promets de rédiger dans pas trop longtemps. Je peux d’ores et déjà vous dire que vous ne serez pas déçus. 😉

DSCF4730

Notre nouvel ami, Strossmayer, observe Zagreb depuis la promenade qui porte son nom
Catégories : Uncategorized | 2 Commentaires

Aventure (mais pas celle que vous croyez)

Me voici au Cross Café, un café en plein milieu d’un centre commercial avec des prises et wi-fi gratuit (prononcer waï-faï, si vous ne voulez pas être la risée du milieu estudiantin international), et la fâcheuse impression de m’être faite poser un lapin sur Skype (just saying). Alors pour faire passer un peu le temps, j’ai décidé de vous écrire un article.

Je sais que suis supposée écrire d’abord sur mon inoubliable tour des Balkans qui s’est maintenant terminé il y a une semaine (Dieu que le temps passe vite). Mais la tâche me paraît insurmontable. Pour ma défense, je viens de passer 5 heures assise sur ma chaise de bureau à ficher un de mes cours. J’ai un examen dans une semaine, ça fait une semaine que je révise, j’ai l’impression de ne rien connaître c’est assez terrible. Il y a aussi des tourbillons de flocons de neige dehors, et je suis assise confortablement devant un bon capuccino, ce qui justifie le fait que je n’aie vraiment pas envie d’essorer mon cerveau là tout de suite pour vous faire part de mes souvenirs/émotions/impressions. Vous m’excuserez.

J’ai donc décidé, parce que ça fait quand même longtemps que je n’écris rien, de vous parler de mon nouvel appartement. J’y ai emménagé il y a maintenant 5 jours, avec Hélène (une Française de Bordeaux étudiante en médecine), Karen (dont j’ai déjà parlé un certain nombre de fois), et Brigette (une autre amie américaine).

On est entrées en contact avec l’agence par le biais d’erasmusinprague.com. Le responsable n’était affreusement pas professionnel, toujours en retard, toujours très vague sur ses indications ; et bien sûr on n’a été informées que très tardivement qu’il faudrait lui payer une commission de 10 000 couronnes, soit 100 euros chacune.

L’appart en soi comporte une cuisine bien équipée (à notre demande), une espèce de petit salon où on a mis la table, et 4 chambres, dont 3 très grandes. J’ai récupéré la petite, parce qu’à mon humble avis quand c’est petit ça a toujours l’air plus confortable et chaleureux. Surtout vu la quantité de meubles qu’il y a (placard-bureau-lit-chaise).

Tous les jours, des gens viennent pour réparer quelque chose. Oui parce que, voyez-vous, c’était un ancien siège d’entreprise, donc il a fallu tout installer (surtout la douche et la cuisine. Ils ont par contre laissé les lampes à l’éclairage néon blanc laiteux, pour notre plus grande joie). Mais les prévenir un mois à l’avance qu’on voulait emménager (et même s’ils nous ont certifié que tout serait prêt même avant le 1er février), ce n’était pas assez. Donc la fin des travaux s’effectue maintenant.

On apprend aussi à dompter l’appart : par exemple, dans la cuisine, il faut aller vers le bleu sur le robinet pour avoir de l’eau chaude. Dans la douche aussi, ils ont monté les robinets à l’envers. Ils ont essayé de changer ça, du coup depuis hier ça fuit (beaucoup). Donc ils vont revenir aujourd’hui. Ah, et on n’a pas encore Internet non plus. Mais le proprio nous a dit que son « ami » devait venir vendredi. Dans notre appart, tout est fait par ses amis. Je me demande même s’il n’a pas récupéré les meubles dans les greniers de ses amis. Ça fait très mafieux comme fonctionnement, dans le genre « il me devait une faveur, alors maintenant il installe la plomberie ».

On a aussi une machine à laver ! Un peu capricieuse : il ne faut pas mettre trop de vêtements sinon elle refuse d’essorer. Ce qui a donné lieu à un moment très agréable quand il a tout fallu essorer à la main pour la première lessive. Le four et les plaques chauffantes aussi : le four peut être utilisé avec une plaque chauffante, ou alors deux plaques en même temps, mais pas plus ! Sinon le compteur saute.

Mais abandonner Hostivar a été plutôt facile (litote). On est ravies d’avoir un four, d’avoir notre propre chambre… Notre propre frigo. Avec une étagère chacune, s’il vous plaît ! Et puis c’est tellement pittoresque d’avoir à communiquer avec un proprio qui baragouine l’anglais.

D’ailleurs, ma nouvelle adresse, pour ceux qui la voudraient :

Kozácká 306/16

101 00 Praha 10

Česká Republika

Une fois mon examen passé (le 12 février), j’aurai enfin du temps pour moi, et le temps de vous raconter mes aventures dans les Balkans ! Pour ceux qui le voudront bien donc, à dans une semaine 🙂

Catégories : Uncategorized | Poster un commentaire

Oświęcim-Brzezinka

Je me dois d’écrire maintenant cet article, qui ne sera certes pas très joyeux. Mais c’est en quelque sorte une thérapie pour moi, je vais essayer de mettre les mots sur ce que j’ai vu, et la tâche est loin d’être aisée. Après Cracovie donc, nous nous sommes rendus en bus à Oświęcim (ou Auschwitz, tel que les Allemands l’ont renommée à la construction du camp).

Arbeit Macht Frei

Arbeit Macht Frei

Certains m’ont dit que la visite ne les avait pas plus impressionnés que ça. Les nombreux blocks sont construits en pierre rouge, comportent de nombreuses salles et plusieurs étages. Et surtout, ils ont été réhabilités en musées : il y a la fameuse salle où on peut voir 2 tonnes de cheveux derrière une vitrine, des salles remplies de chaussures, valises, ustensiles de cuisine et de toilette. Mais de grandes photos sont encadrées au mur, montrant des familles déportées, la sélection avant l’envoi aux fours crématoires. Il y a aussi ce couloir étroit couvert de photos de déportés, datant de l’époque où les détenus du camp étaient pris en photo comme des criminels. Et cette photo terrible représentant 4 petites filles, la peau sur les os, victimes des expériences scientifiques menées par Mengele.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Ce qui m’a le plus impressionnée est probablement de pouvoir mettre autant de visages et de noms sur la masse grise, mouvante et floue qui s’associe dans ma tête au mot « déportés ». Marcher sur ce sol où tant de détenus se sont tenus pendant des heures au moment de l’appel, où beaucoup sont morts d’épuisement. Voir le four crématoire, les murs labourés par les ongles d’êtres humains désespérés. C’était certainement une expérience poignante.

"Danger de mort" - L'ironie de l'avertissement

« Danger de mort » – L’ironie de l’avertissement

Mais ce que j’ai ressenti en arrivant à Birkenau a été encore plus fort. Birkenau, véritable camp d’extermination, a été construit sur l’emplacement de Brzezinka, un village polonais entièrement rayé de la carte par les Allemands dans le but de construire le camp. La désolation des lieux était accentuée par la neige et le froid. Les photos que j’ai pu en prendre sont bi-chromatiques. Le noir des baraques, des voies ferrées et des barbelés, le blanc immaculé de la neige. Tout au long de la visite, nos pieds étaient congelés, nos cheveux figés dans du givre, nos doigts paralysés.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Mais ce que nous avons vu enseigne l’humilité et ôtait toute envie de se plaindre des conditions climatiques. Le souvenir le plus poignant que j’en garde est certainement l’arrivée-même au camp. Passer l’entrée et se figer devant l’immensité de ce qui s’étend devant nos yeux. Les baraques qui s’alignent à perte de vue, les voies qui s’arrêtent au milieu du camp. Les photos placées exactement à l’endroit où elles ont été prises. Puis on s’avance dans la neige. Au bout, il y a l’immense monument commémoratif, en pierre noire. Et à gauche du monument, les ruines d’un four crématoire, que les Allemands ont fait exploser avant l’arrivée des Alliés en espérant dissimuler les traces de leurs massacres. Et cette phrase de la guide : « En deux heures et demie, un convoi de 1500 personnes pouvait être liquidé ». Le plus grand cimetière du monde : entrer dans cet endroit en sachant la quantité de personnes qui y est entrée avant soi pour n’en jamais ressortir, et mesurer la démesure de la folie nazie.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Cette visite nous a certainement emplis de confusion. Difficile de mettre des mots sur ce que l’on a ressenti, difficile de faire autre chose que revenir de façon obsessionnelle sur les images qui nous en sont restées. Une seule certitude : tout le monde devrait visiter cet endroit une fois. On a beau avoir lu et regardé tout ce qu’on a pu sur le sujet, on est toujours pris de court quand on fait enfin face à l’Horreur.

Catégories : Uncategorized | Poster un commentaire

Deux jours à Cracovie

Le week-end dernier, je suis allée à Cracovie. Le voyage était organisé par une asso étudiante qui, Dieu merci (vu la capacité d’organisation des personnes en charge…), ne s’est occupée que de nous transporter et nous loger. Nous avons pris le bus à 6h30 de la gare centrale, et sommes arrivés à Cracovie autour de 17h.

Que dire de Cracovie ? Ce que j’en ai vu me conforte dans l’idée que les villes d’Europe de l’Est ont un charme tout à fait particulier dont je tombe chaque jour un peu plus amoureuse. Les ruelles pavées, les petits immeubles colorés appuyés les uns sur les autres tout au long de la rue, les passages et impasses cachées recelant de petites merveilles de restaurants traditionnels… Et les églises ! Les églises catholiques d’Europe de l’Est sont tout simplement magnifiques : les plafonds sont d’un bleu vif, décorés de petites étoiles, les colonnes sont en pierre rouge, les vitraux sont omniprésents et multicolores. Tellement gaies et chaleureuses ! Cela changeait du froid extérieur, au moins psychologiquement. Parce que oui, il a fait -10 pendant tout le séjour. On était emmitouflées jusqu’au cou. On a appris à marcher en traînant des pieds sur les pavés pour ne pas glisser, et découvert que peu importe le nombre de chaussettes qu’on porte, à la fin de la journée on a quand même les pieds congelés 🙂

Emmitouflées jusqu'au cou! Karen, Kat et moi.

Emmitouflées jusqu’au cou! Karen, Kat et moi.

Basilique des Franciscains

Basilique des Franciscains

Notre auberge se situait sur la place-même de la Vieille Ville, encastrée entre deux restaurants. La façade faisait probablement 10 mètres de large au maximum ! On pouvait voir, depuis les fenêtres, le joli marché de Noël, l’église Ste Marie et les galeries. La première chose que nous avons faite en arrivant a été de chercher un endroit où manger, on était affamées ! Karen, Kathleen et moi avons déniché un petit restaurant ridiculement peu cher qui servait des plats traditionnels : une sorte de soupe avec des morceaux de saucisse et d’œuf dur, des viandes en sauce, des pommes de terre, une sorte de raviolis dont j’ai oublié le nom, etc. Ce que j’aime en Europe de l’Est, c’est que pour manger traditionnel, il n’y a pas besoin d’aller dans de bons restaurants. Les restaurants ne servent que ça, à des prix dérisoires, et pour le plus grand bonheur de mes papilles gourmandes…

Le marché de Noël

Le marché de Noël

Nous avons tenté de voir le quartier juif le lendemain de notre arrivée, mais nous n’avons pu que nous y balader, notre mémoire de poisson rouge ayant omis de nous signaler qu’on était samedi. On a par contre pu voir le Château Wawel, demeure des Rois polonais pendant des lustres. Olivia, une amie de lycée qui étudie à Cracovie, nous a emmenées déjeuner dans un endroit atypique qui servait des demi-baguettes grillées couvertes de légumes, de fromage et de viande, en fonction de la recette. Elle nous a aussi emmenées à la Galeria Krakowska, un énorme centre commercial, prendre un délicieux chocolat chaud au Mount Blanc et acheter quelques vivres à Carrefour (oui oui !) pour la route du lendemain. Après quelques emplettes au marché de Noël, nous sommes allées dîner au Grodzka 35, une sorte de cantine qui servait tout un tas de plats différents et où l’on payait la nourriture au poids (1 euro pour 100 grammes). Le soir, on a pris un verre au Wodka, où on a assisté à une demande en mariage ! Un homme s’est levé devant sa copine, a fait tout un discours en polonais, puis s’est agenouillé et a sorti la bague. Elle a dit oui, bien sûr ! C’était assez amusant, surtout qu’on pouvait s’imaginer ce qu’on voulait vu qu’on ne comprenait rien du tout à ce qu’il racontait.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Aperçu du quartier juif

Une bonne nuit de sommeil, et nous sommes repartis en bus… vers Oswiecim-Brzezinka. Ou autrement dit, Auschwitz-Birkenau. Mais je vais préserver le ton joyeux de ce petit article, et je vous parlerai de la deuxième phase de ce voyage très prochainement! En attendant, je dois vraiment arrêter de chercher des excuses pour ne pas travailler sur le plan de dissertation à rendre pour demain… Erasmus, mon amour.

Catégories : Uncategorized | Un commentaire

Propulsé par WordPress.com.